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Article paru dans le Journal de la Haute-Marne le 19/11/2005 à l'occasion du Festival de la photographie animalière

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OPERATION "LES RESCAPES DE L'ENFER"
2005

Ces deux oursons noirs américains (baribals) de 19 mois survivaient dans une cage en béton de 10 m2, pataugeant dans leurs excréments.
Depuis plusieurs mois dans ce parc zoologique français du 77, ces deux ours avaient été initialement vendus par un zoo réputé pour sa conservation des espèces à un dresseur d'ours dans un cirque. Les magouilles entre parcs zoologiques et cirques sont courantes ... ceci nous le prouve !
A ce jour (janvier 2005), après multiples batailles et enquêtes, nous avons réussi (avec l'aval de la DSV, Direction des Services Vétérinaires) a extirper les deux oursons de cet enfer. Ils découvrent enfin des arbres, de l'herbe, de l'espace, une vie beaucoup plus décente et digne dans un parc du 78.


Cette petite femelle grizzli d'un an a été vendue en 2004 par un parc zoologique français appartenant à l'ANPZ, à un dresseur d'ours pour travailler dans un cirque.
Aujourd'hui, elle vit dans un camion itinérant 11 mois sur 12, dans lequel elle va passer 30 ans de sa vie. Voilà la triste réalité des parcs zoologiques qui pratiquent la politique de l'élevage pour la conservation des espèces.

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OPERATION SAUVETAGE A NANCY
11 MAI 2004

 

Mardi 11 mai 2004 : arrivée au parc
de la Pépinière à 9h00


Fosse bétonnée où 2 ours bruns survivent depuis plus de 30 ans

 

Il faut s'y prendre à 2 fois pour endormir
le mâle "Oscar" de 500 kg










Quant au chargement dans le camion plusieurs mains d'hommes sont nécessaires.


Les médias sont présents (journaux, télés, radios.)


Photos de Michel Pourny


 
Alain Boyaval
 

 

L'opération est réussie. Oscar et Mona coulent des jours heureux dans un refuge. La fosse de Nancy a été remblayée..

 

Vitaly Nikolaenko. L'homme qui parle aux ours.
Pour la première fois de sa vie, Vitaly Nikolaenko a quitté son Kamtchatka, grande presqu'île au climat rude et enneigé du territoire russe, pour venir, en mars dernier, nous parler de ses ours lors du festival " Festimalia ", en Mayenne.

Texte et photos d'Isabelle et Alain Boyaval.

On peut tout à fait le comparer à Diane Fossey pour les gorilles ou Jane Goodall avec ses chimpanzés, puisque, depuis 33 ans, collaborateur scientifique, il consacre sa vie à sa passion, l'observation et l'étude du comportement (l'éthologie) des ours bruns dans la réserve de Kronotski, dans le but de les protéger.
"J'ai toujours eu cette passion des ours enfouie au fond de moi, raconte Vitaly, et c'est la photographie qui m'a conduit sur leur chemin, quand j'étais garde-chasse dans la réserve à partir de 1970. Les gens admiraient et appréciaient mes photos, et ce succès m'a poussé encore plus vers l'ours. J'étais jeune et pour avoir de bonnes images, je devais m'approcher chaque fois un peu plus près, et quelque part ce risque me motivait. Certains scientifiques qui étudiaient mes clichés, ne transcrivaient pas la vérité sur le comportement des ours. C'est ce qui m'a incité à aller observer les ours, sur le terrain, pour faire ma propre analyse. "

900 rencontres par an avec les ours bruns

Vitaly Nikolaenko se retrouve ainsi isolé de toute civilisation pendant 180 à 200 jours par an, seul à travailler dans cette réserve de Kronotski dont la rudesse limite l'accès aux humains.
"Lors de cette période, depuis la sortie des tanières jusqu'à l'hibernation, je peux faire jusqu'à 900 rencontres d'ours, pour 1000 km de marche. " On recense 600 ours dans la réserve et 7 000 à 8 000 dans la péninsule du Kamtchatka. Vitaly enregistre ses observations à l'aide d'un dictaphone puis les recopie le soir dans sa cabane. Il a publié de nombreux articles dans différentes éditions, journaux et revues russes et illustré des livres scientifiques internationaux.
Pour lui, l'ours est un animal sauvage méritant le respect. Il n'a pas d'agressivité envers l'homme. Il préfère éviter le danger, éviter les hommes. Mais si ces derniers insistent, là, il peut devenir menaçant.

L'ignorance des chasseurs

Le but de ses recherches est de présenter l'ours de façon objective, de définir sa situation et son comportement dans la nature, et non comme il est décrit dans les légendes des chasseurs. "Je ne peux pas aimer les chasseurs car ils n'essayent même pas de comprendre ou d'en apprendre plus sur l'animal. Ils prétendent connaître l'ours, en l'observant à travers le viseur du fusil. Ils savent seulement que l'ours entre et sort de sa tanière à certaines périodes, qu'il se nourrit de saumons et ils peuvent déterminer si c'est un adulte ou un ourson. Voilà les connaissances des chasseurs du Kamtchatka, pour qui l'ours est uniquement un synonyme de rentabilité et de fierté pour le trophée. "
Dans la réserve de Kronotski de plus d'un million d'hectares de superficie, le règlement concernant la chasse et le braconnage est très strict puisqu'ils y sont interdits. Sur le reste du territoire, le braconnage est pratiqué, au moins 600 à 800 ours bruns sont tués par an dont 400 avec des licences légales. La population descend donc à une vitesse vertigineuse.
"Je suis le président de la Ligue de la Défense et de la Sauvegarde de l'Ours Brun du Kamtchatka poursuit Vitaly. Cette organisation s'appelle Dobrinia en souvenir de mon ours préféré. L'ours brun du Kamtchatka est en péril, sans cela je ne serais pas ici. La loi contre le braconnage existe mais personne ne s'en occupe vraiment."

L'égoïsme des chercheurs

"Il faut réagir. Sans cela l'ours finira par disparaître. Le Kamtchatka compte en totalité environ 10000 ours bruns, ce qui n'est pas considérable. De plus, on peut difficilement comptabiliser les animaux victimes du braconnage. Je pense qu'il faut faire des recherches sur le sujet, c'est vital.
"J'aimerais avoir le soutien des organismes de protection de la nature pour lutter contre ce fléau. Il sera de plus en plus difficile d'étudier le comportement de l'ours dans de bonnes conditions. J'ai apporté avec moi des images choc sur le braconnage et j'espère bien qu'elles serviront à faire prendre conscience du problème.
"Je suis critique sur les recherches des scientifiques notamment américains. Ces derniers pensent d'abord à se mettre au premier plan. Leur souci majeur est leur propre recherche et non pas la défense et la sauvegarde des ours. Le problème des ours bruns du Kamtchatka passe en dernière position.
"Je parle du braconnage avec douleur car je pense qu'il sera difficile de l'arrêter. Les fonctionnaires qui s'occupent de ce problème sont indifférents aux ours. Personnellement j'ai déjà eu quelques soucis avec les braconniers, on m'a tiré dessus et une balle a failli me coûter la vie. De plus une compagnie de tourisme a brûlé ma maison avec toute une documentation représentant mon travail sur plusieurs années. A la place, un hôtel pour personnes fortunées s'est construit. Ce sont les vrais propriétaires de la vallée des geysers.
"Je ne suis pas contre l'écotourisme s'il est bien pratiqué. Avec Philippe Clermont, le logisticien du film `L'homme qui parle aux ours', certaines personnes en nombre limité peuvent participer à mon travail, à mes recherches. J'ai certains itinéraires prévus pour de belles observations. Ce genre de tourisme participe grandement à mes recherches sur le comportement de l'ours et, ainsi, à sa protection ".

Plaidoyer pour que les ours ne disparaissent pas

Vitaly Nikolaenko est venu en France pour essayer d'alerter l'opinion internationale sur la situation de l'ours du Kamtchatka. "Je pense que cela peut influencer les décisions du pouvoir en place. Ce festival Festimalia a été une excellente occasion de pouvoir parler de tout cela. Je terminerai par une belle histoire, avec Dobrinia, qui est mon ours fétiche que j'observe depuis des années. Mon rêve était d'aller en hiver sur le terrain des ours. Je suis retourné dans ma cabane, et, en sortant, qui était là ? Dobrinia à moitié endormi, que je connais depuis 17 ans. Ce fût un moment très fort quand je me suis installé près de lui. J'avais apporté ma bouteille de champagne et ma caméra posée derrière moi. Situé à 5 mètres de moi, je lui ai souhaité une bonne année tellement heureux qu'il puisse se trouver là, et je me suis mis à lui raconter nos souvenirs vécus ensemble pour ensuite lui souhaiter longue vie... "
Après cet entretien, nous proposons de collaborer au travail de Vitaly Nikolaenko et notamment, d'expliquer le sens de sa démarche lors de nos conférences dans toute la France et ainsi pouvoir agir pour la protection de l'ours brun du Kamtchatka.

article extrait du n°315 (avril 2002) du magazine Animaux.

Pour partir au Kamtchatka : www.kamtchatka-travel.com


Quand l’homme t’a tendu un fruit à travers les barreaux de fer, ton regard
est devenu implorant.
Soumis, tu as délicatement saisi la pomme qui s’offrait à toi, " le goûter ",
comme il a dit, pour t’occuper.
Parfois, il peut aussi te jeter un sac en papier rempli de morceaux de pain
pour te faire croire à la difficulté en le déchirant d’un seul coup de griffes.
Tu es passé de ta salle à manger, à ta chambre. C’est encore lui qui a ainsi décrit ces cages en béton de 4m sur 2m, sombres, froides, terrifiantes. Des prisons !
Chaque moment, chaque heure de la journée qui s’écoule, n’a pas de secret pour toi. Tu reconnais parfaitement le pas de l’homme qui vient pour te nourrir, et tu l’attends, tu n’as que cela à faire, attendre ce maître qui détient tout, les clés et de quoi te faire survivre.
Alors en échange, tu penses qu’il est bien de se montrer docile et de temps en temps tu viens faire un tour à l’extérieur pour plaire aux autres, ceux qui ont payé l’entrée et qui veulent voir à tout prix des animaux " heureux ", sans trop s’interroger pour ne pas contrarier une journée de congé.
Ils sont tous là, à te regarder survivre.
Parfois, un enfant plus intelligent que les autres se pose des questions :
- " Mais papa, il est heureux l’ours ? "
- " Mais bien sûr, mon enfant, tu vois bien qu’il joue avec une balle ! "

Mais qu’es tu devenu, toi l’animal magique, mythique, tant admiré pour ta puissance et ta force : l’OURS.
Comment l’homme a t-il pu te réduire à cela, t’anéantir à cela, à n’être rien, ne plus exister, être mort.
Toi qui chaque jour, dans la nature sauvage, doit lutter pour vivre, pour te nourrir et te protéger.
Toi dont le principal but de tes journées est d’engraisser à tout prix pour te préparer à l’hibernation, ce long sommeil…
Tout au long de ce sombre couloir carcéral, sont alignées les étroites cages, les prisons en fer.
Toi, tu ne sombreras pas dans ce sommeil magique qui reste encore secret pour beaucoup de scientifiques.
Peut-être que le soir, au fin fond de ton âme, tu t’efforces d’y croire très fort.
Peux-tu encore rêver à ces jours heureux où tu vivais en pleine nature, où tu étais libre ?

Isabelle Boyaval

 



GRANBY WILDERNESS SOCIETY

La création de l'association Granby Wilderness en 1993/94 est surgie du désir d'habitants locaux de protéger les régions encore sauvages du centre-sud de la Colombie-Britannique, près de la frontière américaine. Les efforts combinés de l'association, d'autres groupes régionaux et de personnes individuelles ont abouti à la protection en 1995 des parcs provinciaux de Granby et de Gladstone.

Malheureusement, ces parcs d'environ 40 000 hectares chacun, sont trop petits par eux-mêmes, pour assurer la survie d'espèces telles que l'ours grizzli. Le rythme accéléré de coupes à blanc et de construction de routes forestières est en train de détruire l'intégrité de ces régions sauvages, et en particulier, l'habitat vierge qui forme le pont écologique entre les deux
parcs. Réduits à des îles, les parcs de Granby et Gladstone deviennent
incapables d'assurer la survie des espèces qu'ils devaient protéger.

Cette destruction de l'habitat explique pourquoi le " Granby Grizzli " est
maintenant une des populations les plus en danger d'Amérique du Nord. Du fait que cette région est essentiellement un habitat sec, ces ours grizzlis ont besoin d'un territoire beaucoup plus étendu que leurs cousins de la Côte.
L'absence de saumon nécessite qu'ils s'engraissent d'herbe, de racines et de baies ( huckleberries ) pour se préparer à leur longue période d'hibernation.
La compagnie responsable de la plupart du déboisement dans cette région est Pope and Talbot, une corporation multinationale basée aux Etats-Unis.

L'Association Granby Wilderness est engagée à poursuivre la protection des derniers habitats vierges, afin d'éviter l'extinction de l'ours grizzli de la
Granby et la perte de diversité biologique. Une stratégie scientifique, basée sur la biologie de conservation, a été avancée par Dr. Brian Horejsi. Elle recommande, en particulier, la protection immédiate des zones encore intactes, une réduction de 50% de la coupe forestière, et le démantèlement d'une partie du réseau de routes forestières. Depuis 1999, le gouvernement de Colombie-Britannique a promis de prendre action, mais en 2002, la destruction continue.

La Société Granby Wilderness soutient les droits des ethnies aborigènes dans leur territoire traditionnel, et exhorte la fin de la liquidation des forêts de cette région en faveur d'une gestion forestière responsable et sélective.
Plutôt que de continuer d'exporter de vastes quantités de bois brut à bas
prix, il est urgent de " faire plus avec moins ", par la création d'entreprises à valeur ajoutée qui auront aussi l'avantage de fournir plus d'emplois.

La Colombie-Britannique, à l'ouest du Canada, se veut être une destination " Super Naturelle ". Cependant, le gouvernement provincial ne fait rien pour empêcher l'extinction des grizzlis de la Granby, une des populations les plus en péril d'Amérique, avec moins de 35 ours. Bien que la chasse ait été bannie dans cette région, les grizzlis meurent encore aux mains des hommes, grâce à un réseau de routes forestières et de coupes à blanc qui dévaste les forêts vierges.

COMMENT VENIR EN AIDE
AUX GRIZZLIS DE LA GRANBY ?

- En supportant financièrement le travail de l'Association Granby Wilderness
En y adhérant par votre cotisation annuelle de : CA$25 (individuelle),
CA$35 (famille)
Par une donation

- En écrivant au Premier Ministre de la Colombie-Britannique :

Premier Gordon Campbell,
Parliament Buildings,
Victoria, BC, V8V 1X4 Canada
Fax: 1-250-387-0087, email:premier@gov.bc.ca

Et lui demandant de :

protéger immédiatement les dernières zones de sécurité sans routes et
particulièrement, le pont écologique entre les parcs Granby et Gladstone
de réduire de 50% la coupe de bois dans le Boundary Forest District.
d'instaurer un plan de sauvetage basé sur la science, et non pas sur la
voracité de l'industrie forestière.

Et en lui rappelant que ses décisions influenceront les projets de voyages
des touristes français ( européens ) qui ne veulent plus supporter une
province qui tue ses grizzlis par la chasse trophées ou par la destruction de leur habitat.

Envoyez SVP une copie de votre lettre à :
Granby Wilderness Society,
Box 2532, Grand Forks, BC V0H 1H0, Canada.
info@granbywilderness.org
Visitez nous à: www.granbywilderness.org


MERCI DE VOTRE ACTION EN FAVEUR DES GRIZZLIS DE LA GRANBY !


 

Si vous êtes intéressé par nos actions, contactez-nous :

Tél: 06 08 98 42 41 / 06 19 93 05 06

 

 

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Last update :
25/12/07 3:30 PM